23 juin 2014

Loi sur la transition énergétique : impératif de compétitivité pour la chimie

L’industrie chimique est le premier consommateur industriel d’énergie avec 20 % de l’énergie électrique et 40 % du gaz. Elle est également à la source des innovations essentielles au développement des énergies renouvelables et à la lutte contre le changement climatique. L’UIC est donc très concernée par le projet de loi et analyse avec beaucoup d’attention celui-ci, élément essentiel pour préserver la compétitivité du secteur et garantir un accès à une énergie compétitive.

Une politique énergétique volontariste ...

L’UIC souscrit à la réduction de la facture énergétique de la France et à une plus grande indépendance énergétique. Le projet de loi comporte des éléments positifs : développement de filières industrielles compétitives et riches en emplois, prise en compte des électro-intensifs, possibilité de faire un point et d’analyser les écarts par rapport aux objectifs tous les cinq ans afin d’adapter la politique énergétique de la France à la situation internationale de l’énergie, de la compétitivité des entreprises et du changement climatique.

qui doit s’accompagner d’une étude d’impact

Cependant, ce projet de loi doit s’accompagner d’une étude d’impact et d’une analyse suffisante pour définir le montant des investissements nécessaires dans la durée, comme la loi le prévoit et comme le conseil à la simplification réglementaire l’a rappelé il y a quelques semaines dans le cadre du Pacte de responsabilité.

prendre en compte l’intermittence

Les objectifs à long terme affichés dans le projet de loi montrent que la France fait le pari du « tout » électrique avec une énergie décarbonée. L’UIC partage cet objectif, mais souligne l’absolue nécessité de traiter le problème de l’intégration des énergies renouvelables, aussi bien sur le plan technique car ces énergies sont intermittentes, qu’économique car elles sont encore non compétitives. Dans le cas contraire, les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne seront pas atteints comme le montre déjà la situation actuelle de l’Allemagne et cela se traduira par une augmentation des coûts de l’énergie, que la société, particuliers et industriels, ne pourra supporter.

et soutenir le rôle clé de la chimie dans la transition énergétique

L’industrie chimique assurera son rôle de fournisseurs de solutions dans le développement des énergies renouvelables (solaire, éolien, batteries, stockage, …) et de matériaux pour abaisser la consommation d’énergie. Pour autant, il est indispensable que les emplois se développent en France et que la phénomène de « fuite carbone » ne soit pas encouragé. La compétitivité de l’industrie doit être améliorée notamment par un accès compétitif à l’énergie ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en particulier pour les industriels fortement consommateurs d’énergie.

Le gaz est le grand absent de ce projet de loi alors que la production européenne est en décroissance. L’UIC souhaite que la France puisse se doter d’une véritable stratégie gaz afin de permettre aux filières gazo-intensives d’améliorer leur compétitivité. Le gaz est doublement essentiel pour la chimie car il est à la fois une énergie mais aussi et surtout une matière première, non substituable, indispensable pour fabriquer des produits élaborés pour les secteurs industriels en aval.  L’UIC fera dans quelques semaines des propositions pour enrichir la loi en ce sens.