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28 mai 2020

La Chimie entend jouer pleinement son rôle dans le « monde d’après »

La Chimie, résiliente mais impactée, tire de premières leçons de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 et appelle un plan d’investissement répondant aux enjeux de long-terme.

Depuis le début de la crise sanitaire, la Chimie a fait preuve de résilience en continuant à alimenter l’économie productive et en se mobilisant pleinement pour fournir aux Français les produits indispensables pour la santé, l’hygiène, l’agro-alimentaire, les services vitaux ou la protection des biens et équipements. Les entreprises de la Chimie en France sont parvenues à réorganiser leurs activités pour pallier la pénurie de personnel et assurer la continuité de leurs opérations. Ainsi, le taux d’activité du secteur est aujourd’hui de 75% contre 60% pour la moyenne de l’industrie.

Mais le secteur est impacté par la crise. Les entreprises de la Chimie font face à une baisse de la demande sur leurs marchés en France et à l’export ainsi qu’à des difficultés opérationnelles, notamment en matière d’approvisionnement et de sous-traitance. En réaction, les entreprises ont engagé des programmes de réduction des coûts (réduction en moyenne de 4%) et des investissements (réduction en moyenne de 15%). La Chimie, 1er secteur industriel exportateur français avec l’Aéronautique, court le risque de perdre des parts de marché à l’international en cas de rebond moins rapide que ses concurrents étrangers.

A court-terme, sa reprise dépend du redémarrage rapide et coordonné de ses marchés en aval, et notamment de la mise en place de plans ciblés pour les secteurs de l’Automobile, de l’Aéronautique et du Bâtiment. Elle nécessite également d’agir sur l’offre par la poursuite des mesures de soutien à l’exportation. Elle passe enfin par le maintien de la vigilance sur les conditions de sécurité des salariés de la branche.

A l’horizon de l’automne, la Chimie appelle un plan d’investissement répondant aux enjeux de long-terme de l’industrie dont elle est un maillon essentiel. Sa capacité d’innovation au service des filières avales est un atout pour développer les marchés stratégiques et localiser les technologies du futur en France et en Europe (batteries électriques, synthèse pharmaceutique, fabrication additive, bioproduction…). Elle est aussi au cœur de la transition écologique et de l’excellence carbone (par la décarbonation de sa chaleur, l’électrification de ses procédés, l’hydrogène, le recyclage chimique…). Elle a enfin un rôle pivot pour répondre aux enjeux de souveraineté sanitaire et de sécurité d’approvisionnement des principes actifs et intermédiaires de la pharmacie. Sur ce dernier point, la chimie souligne la nécessité d’un plan de modernisation et de flexibilisation, coordonné au niveau européen et offrant la visibilité nécessaire aux 80 sites de production des PME et ETI françaises actives dans ce domaine, pour assurer un approvisionnement sûr et durable en médicaments tout en générant de la valeur ajoutée et des emplois sur nos territoires.

Elle rappelle enfin que plusieurs conditions sont indispensables à la réussite de ce plan de relance, en particulier l’amélioration de la compétitivité du site France, l’accès à une énergie compétitive et l’accélération des financements européens dans le cadre du « Green Deal ».