Chaleur au travail : obligations renforcées en vigilance rouge
En période de vigilance rouge, les employeurs doivent adapter sans délai l’organisation du travail et renforcer les mesures de prévention pour protéger les salariés exposés à la chaleur.
En 2026, la gestion des fortes chaleurs s’inscrit dans un cadre désormais pleinement opérationnel : l’Instruction n° DGT/BPSIT/CT3/2026/68 du 22 mai 2026 publiée le 12 juin dernier renforce les contrôles de l’inspection du travail sur la période estivale (1er juin – 15 septembre) et mobilise les entreprises.
Le Code du travail (articles R4463-1 à R4463-8) impose une démarche structurée en trois étapes :
- évaluer le risque chaleur, en intérieur comme en extérieur, et l’intégrer au DUERP
- définir des mesures de prévention adaptées dès qu’un risque est identifié
- adapter ces mesures selon le niveau de vigilance Météo‑France conformément à l’arrêté du 27 mai 2025
En situation de vigilance élevée, les mesures doivent être immédiates et renforcées :
- adapter les horaires et le rythme de travail
- organiser les postes et les locaux pour limiter l’exposition à la chaleur (ombrage, ventilation)
- garantir un accès à une eau potable fraîche en quantité suffisante
- Informer et sensibiliser les salariés sur les risques et les conduites à tenir
L’instruction 2026 rappelle également :
- le renforcement des contrôles dans les secteurs exposés, notamment l’industrie
- la vigilance accrue pour les travailleurs vulnérables, par exemple les femmes enceintes ou les jeunes travailleurs
- la possibilité pour les salariés d’exercer leur droit de retrait en cas de danger grave et imminent
Vigilance partagée :
- Repérer rapidement les signes : fatigue, maux de tête, vertiges, crampes, malaise
- Agir dès les premiers symptômes : pause, mise à l’ombre, hydratation
- Surveiller ses collègues (binôme, encadrement de proximité)
- Adapter sans attendre le travail (horaires, rythme, poste)
- Alerter immédiatement en cas de signes graves : confusion, température élevée, perte de connaissance
A noter : Les températures extrêmes en extérieur ne sont pas définies quantitativement. Il n’existe pas de limites minimale ou maximale de température au travail qui seraient imposées réglementairement au niveau national ou européen. Pour la chaleur comme pour le froid, la seule température de l’air ne suffit pas pour apprécier la tolérance au froid ou au chaud ; d’autres facteurs doivent être pris en compte, comme la vitesse ou l’humidité de l’air, l’activité physique, les vêtements de protection. Le guide DT 127 de France Chimie et son outil CHEM’ADAPT évaluent les risques et proposent des mesures d’adaptation à destination des entreprises de la chimie pour gérer notamment l’aléa chaleur dans le cadre des changements climatiques. Des mesures d’adaptation sont proposées, parmi lesquelles des mesures incontournables : ce sont des mesures dites « sans regret » qui nécessitent peu d’effort pour un gain important. Concernant la chaleur, les mesures incontournables suivantes sont par exemple proposées :
- Organiser les interventions en extérieur, les travaux et les déplacements en fonction des conditions
- Surveiller l’état des sols / signaler les zones à risque / réparer
- Déplacer les récipients mobiles, les équipements de travail pour limiter l'exposition au soleil
- Privilégier les chantiers mobiles ; mettre en place des protections thermiques si nécessaire
- Surveiller les tours aéroréfrigérantes (présence potentielle de légionelles)
- Mettre à disposition des stocks d’eau potable
- Mettre en place des zones ventilées / rafraichies
- Suivre de façon renforcée la santé des travailleurs
D’autres mesures en santé et sécurité au travail sont proposées, qui constituent des bases de réflexion. Il appartient à chaque entreprise de faire la sélection des mesures adaptées selon son cas spécifique.
Pour aller plus loin :
- France Chimie : Plan d’adaptation des industriels de la chimie au changement climatique
- Guide de l’EU-OSHA qui présente des orientations pratiques sur la gestion des risques liés au travail avec des températures élevées
- INRS : Travail et fortes chaleurs
Contact : Sarah Giami, France Chimie